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MORCEAUX D’HISTOIRE & GENEALOGIE

« …Ny ranomasina no valam-pariako! »
                          Nangonin’i Moïse Ramilamintsoa

Républiques: Répères 1

1900: Jésus Christ se présente à une femme nommée Renilahy à Manolotrony près de Tsienimparihy, Fianarantsoa. Les « Dix Commandements » sont écrits sur ses dix doigts. Comme épreuves initiatiques, elle meurt pendant six jours et ressuscite: elle sera désormais appelée Ravelonjanahary (« que le Seigneur fait vivre »). Elle est « instruite au Ciel » par le Christ pendant trois mois avant sa mission évangélique.

1912: L’ensemble comorien (dont Mayotte) devient une province de la colonie de Madagascar: c’est le régime de Madagascar et Dépendances.

25 Décembre 1912: Prévenue par le Seigneur, Ravelonjanahary subit la même mort que celle du Christ pendant 3 jours au bout desquels elle se lève devant des témoins de sa paroisse à Manolotrony (protestants de la London Missionary Society).

Le Général Galliéni institue l’indigénat et le SMOTIG (Service de la Main d’Oeuvre pour les Travaux d’Intérêt Général), travaux forcés d’une main-d’oeuvre non rémunérée pour construire les infrastructures routières et ferroviaires, ainsi que les ouvrages d’art. Des « coolies« . chinois sont  importés par intervalle pour compléter les effectifs.

1913: Formation de la société secrète V.V.S. ou Vy, Vato, Sakelika (Fer, Pierre, Ramification) par de jeunes intellectuels, dont Joseph Ravoahangy Andrianavalona. Elle forge les premiers concepts nationalistes modernes de ses 2.000 membres répartis dans les grandes villes de l’Imerina et à Toamasina (Tamatave, port principal du pays). Accusés de complot contre la France, ses dirigeants sont condamnés à de lourdes peines de prison en 1915. Le 13 Mai 1929, Antananarivo vit une journée de fièvre nationaliste. Les années ’30 voient la naissance d’un syndicalisme que le Front populaire reconnait, en même temps que les partis politiques autochtones.

1920: Le mouvement anti-colonialiste trouve son avocat en la personne de Jean RALAIMONGO.

1928: Baba Rajaofera, fils de Pasteur à Vatotsara Antsirabe, est suscité par le Saint Esprit et guérit miraculeusement le Pasteur Rajaonesa de Mandoto atteint de pneumonie double.

08 Septembre 1929: Au cours de sa prédication à Antananarivo, coïncidant avec la fête de l’Alakaosy célébrée par les païens, l’Esprit Saint se manifeste de nouveau au Temple protestant d’Ambohimanarina pour combattre le culte rendu au célèbre Vazimba Andriambodilova devant des milliers de témoins prévenus par les journaux.

1940: Les colons restent fidèles au maréchal Pétain, mais les troupes sud-africaines et britanniques débarquent dans l’île en 1942, et la remettent aux forces de la France libre l’année suivante.

01 Août 1941: Volahavana Germaine connue sous le nom de « Nenilava » reçoit directement du Christ l’ordre de guérir miraculeusement la fille de son mari atteinte de possession démoniaque. Elle sera dotée d’un don de prophétie et propagera la foi chrétienne dans le monde entier.

Février 1946: Naissance du MDRM (Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache).. Madagascar devient un territoire d’Outre-Mer au sein de l’Union française. Ce parti prône l’indépendance de l’île, gagne toutes les élections et envoie à l’Assemblée constituante française trois députés: Dr. Joseph RAVOAHANGY Andrianavalona, Dr. Joseph RASETA, et Jacques RABEMANANJARA.

1946: L’ensemble « Territoire des Comores » est détaché définitivement de Madagascar.

06 Août 1946: Création du PADESM (Parti des Déshérités de Madagascar), « à l’instigation » des administrateurs français, dit-on, pour contrer la vélléité d’indépendance du MDRM.
26 Août 1946: Le Christ se révèle à Dadatoa Daniel Rakotozandry, Pasteur de Farihimena à 24 km de Betafo, Antsirabe, et lui permet de ressusciter sa nièce décédée.

29 Mars 1947: Cette nuit-là éclate une insurrection contre la colonisation qui embrase la façade orientale de l’île, et s’étend à de nombreuses régions: la dure répression par la force coloniale, composée principalement de tirailleurs sénégalais et marocains, fait 90.000 morts, avant d’être écrasée en Décembre 1948, après des exécutions sommaires et des mascarades de procès au Palais du Premier Ministre à Andafiavaratra.. Malgré tout, l’exemple malgache fait son chemin et inspire d’autres pays comme le Vietnam et l’Algérie.

1954: Echec de la guerre menée par la France en « Indochine française » (Vietnam).

1956: L’Algérie, Département français bénéficiant d’une aide substantielle de la France pour son développement se soulève et conteste son statut, quoique privilégié.

Juin 1956: Loi n° 56-619 dite « Loi-Cadre », ou « Loi DEFERRE »  votée en France et autorisant le gouvernement français à mettre en oeuvre des réformes et à prendre des mesures propres à l’évolution des territoires relevant du Ministère de la France d’Outre-Mer, à la gestion de leurs intérêts propres, puis à la décentralisation administrative: malgachisation progressive des postes administratifs, conseils de province, conseil de gouvernement.

04 Avril 1957: Promulgation du decret portant réorganisation de Madagascar. La Loi-Cadre devient effective  pour le pays dès le 17 Avril 1957.

13 Mai 1958: Manifestations populaires en France, entraînant l’ascension du Général de Gaulle au pouvoir et l’avènement de la Vème République.

02 Juin 1958: Investiture du Général de GAULLE à la présidence du Conseil. Il préparait la nouvelle Constitution de la Vème République en consultant les principaux leaders d’obédience francophone des territoires d’Outre-Mer, en particulier Houphouët Boigny (Côte-d’Ivoire), Léopold Sedar Senghor (Sénégal), et Philibert TSIRANANA (Madagascar).
Il sera dégagé de cette Constitution un grand ensemble politique, économique, social et culturel dans le cadre d’une fédération. Mais le mot « fédération » va être remplacé par celui de « Communauté » après une proposition de Philibert Tsiranana, Vice-Président du Conseil de gouvernement de Madagascar.

22 Août 1958: Discours solennel du Général de Gaulle au stade de Mahamasina (Antananarivo): ‘Demain, vous serez un Etat, comme vous l’étiez lorsque ce Palais (de la Reine) était habité », déclarait-il.

28 Septembre 1958: Contrairement à l’institution de l’Union française, la « Communauté française » issue de la nouvelle Constitution de la France est soumise à Réferendum, à cause du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à l’auto-détermination proclamé à l’ONU.

Le Général de Gaulle appelait tous les territoires d’Outre-Mer à voter POUR ou CONTRE cette Constitution, en précisant que le territoire qui voulait son INDEPENDANCE intégrale et immédiate pouvait l’obtenir en votant « NON », mais s’il désirait rester dans la Communauté définie par la Constitution, il aurait à voter « OUI ».

Les Malgaches ont voté « OUI » par 1.363.059 voix contre 392.557 « NON ». Madagascar fit ainsi son entrée comme Etat membre de la Communauté française, tout en étant le second territoire d’Outre-Mer (après la Guinée de Sékou Touré qui avait dit « NON ») à avoir donné le plus de « NON ».

Il faut noter l’existence, à l’époque, de 2 courants politiques divergents dans l’Ile:
1°) Les partisans du OUI, au sein desquels existait une divergence d’opinion quant au futur statut après la victoire du OUI (bien que toutes deux soient pro-françaises): celui dirigé par Norbert ZAFIMAHOVA réclamait la DEPARTEMENTALISATION (appuyés par les colons français), et l’autre pour une « AUTONOMIE interne » avec Philibert TSIRANANA en tête (fondateur du PSDParti Social Démocrate).

2°) Les partisans du NON avec, d’un côté, le Pasteur Richard ANDRIAMANJATO, chef du Parti AKFM (Antokon’ny Kongresin’ny Fahaleovantenan’i Madagascar) ou Parti du Congrès pour l’Indépendance de Madagascar (tenu à Tamatave en 1958), fusion de 5 partis politiques de moyenne envergure, et de l’autre le MONIMA ou Mouvement National pour l’Indépendance de Madagascar dirigé par MONJA JAONA, Maire et Conseiller provincial de Tuléar, qui demandaient l’INDEPENDANCE totale de Madagascar.

14 Octobre 1958: Proclamation de la République de Madagascar à l’issue du Congrès des Assemblées provinciales présidé par le leader politique du Sud, Norbert Zafimahova concurrent direct de Philibert Tsiranana (originaire du Nord-Ouest) à la Présidence de la République. La loi d’annexion du 06 Août 1896 fut déclarée caduque par le Haut Commissaire SOUCADAUX.

16 Octobre 1958 L’Assemblée Constituante et Législative provisoire, présidée par Norbert Zafimahova élabore la Constitution du jeune Etat dont l’Exécutif fut assuré par un Gouvernement provisoire présidé par Philibert Tsiranana.

29 Avril 1959: Adoption de la Constitution de la première République de Madagascar.

01 Mai 1959: Philibert Tsiranana avait recueilli 113 voix sur 113 des suffrages exprimés pour devenir le premier Président de la République pour 7 ans. La devise de l’Etat était: « Fahafahana, Tanindrazana, Fandrosoana » (Liberté, Patrie, Progrès).

10 Mai 1959: Le gouvernement provisoire prit fin, et le premier gouvernement entra en fonction.

02 Avril 1960: Les accords relatifs à l’indépendance de Madagascar et Dépendances furent ratifiés par l’Assemblée Nationale française le 09 Juin et par le Sénat le 16 Juin 1960.

26 Juin 1960: Proclamation solennelle de l’Indépendance de Madagascar.
27 Juin 1960: Signature à Antananarivo des accords de coopération par Philibert Tsiranana et Jean Foyer, Sécrétaire d’Etat aux Relations avec les Etats de la Communauté française.

04 Septembre 1967: le Congrès du PSD demandait ouvertement la nécessité d’une révision des accords avec la France.

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