MORCEAUX D’HISTOIRE& GENEALOGIE
« …Ny ranomasina novalam-pariako! »
Nangonin’i Moïse Ramilamintsoa
Monarchie: Répères 6
13 Mai 1884: L’Amiral Miot est envoyé pour remplacer l’Amiral Galiber. Il réclame dès son arrivée 2.000.000 FF d’indemnités et le droit des français d’acquérir des propriétés à Madagascar.
27 Juillet 1884: Sur la demande de Jules Ferry, Président du Conseil, un crédit de 5.000.000 FF est voté pour renforcer le blocus des ports malgaches. L’Amiral Miot s’installe à Ambodimadiro, en face de Nosy Be, et s’empare de Vohémar et de Diego Suarez en Décembre 1884.
1885: Vote d’un nouveau crédit dépassant 12.000.000 FF au Parlement français.
21 Novembre 1885: M. Patrimonio remplace M. Baudais à Tamatave.Rainilaiarivony y envoie son fils Rainizanamanga et l’anglais Willoughby comme plénipotentiaires pour discuter avec l’Amiral Miot et Patrimonio.
17 Décembre 1885: Le Général Willoughby signe au nom de la reine Ranavalona III le traité de paix avec les représentants français, en acceptant le paiement de 2.000.000 FF de dédommagement éxigé. Willoughby fut blâmé par le gouvernement anglais car il avait enfreint les lois anglaises en s’offrant de représenter un pays étranger.
Le Premier Ministre Rainilaiarivony fit demander auprès des plénipotentiaires français des explications écrites précisant la valeur de certains termes employés dans le traité, qui ne prendrait effet que « sous réserve de la ratification définitive par le Conseil royal ».
09 Janvier 1886: Les précisions sont apportées formellement par MM. Miot et Patrimonio dans un document connu sous le nom de « appendice au traité » (déterminant notamment le futur rôle du Résident français, car le traité mentionnait que « le gouvernement de la République française représentera Madagascar dans toutes ses relations extérieures ».
1886: Protectorat français établi sur les trois îles de l’archipel des Comores (Anjouan, Mohéli et la Grande Comore) sous l’autorité du Gouverneur de Mayotte.
28 Avril 1886: Arrivée à Tamatave de M. Le Myre de Vilers, ancien Gouverneur de Cochinchine qui avait déjà acquis une grande pratique des questions diplomatiques et coloniales. Il déclara sans ambage aux diplomates étrangers de ce port « qu’il venait remplir les fonctions de Ministre des Affaires Etrangères de Madagascar ». Les questions qui mirent aux prises Rainilaiarivony et ce nouveau Résident français concernaient:
– la conclusion de l’emprunt du gouvernement;
– la délimitaion du territoire de Diégo Suarez;
– l’appendice au traité, et
– la question de « l’ex-equatur ».
Mr Kingdon, homme d’affaires anglais et exploitant forestier à Maroantsetra, voulut ouvrir une banque à Antananarivo pour prêter 20 millions de Francs au gouvernement malgache, mais le Résident Le Myre de Vilers s’y opposa et fit installer le 06 Avril 1886 le Comptoir d’Escompte de Paris à Andohalo pour se charger de l’opération en prêtant 3 millions de FF à 6% d’intérêt. Le gouvernement devait effectuer un paiement semestriel de 582.982. FF pendant 25 ans.
La France se refusait à reconnaitre tout caractère de validité à « l’appendice » signé par ses plénipotentiaires.
En 1886, le Général Willoughby est autorisé par Rainilaiarivony à faire le tour des capitales européennes pour essayer d’acquérir des matériels pour la fabrication d’armements, et trouver d’autres ressources financières afin de renforcer la sécurité des étrangers dans l’île. Il se présente comme ambassadeur itinérant de sa Majesté’ jusqu’à la fin de 1887, mais, à cause de sa nationalité, son titre n’est pas accepté par les gouvernements anglais et français. Il est reçu à Berlin par le prince allemand, futur Fréderic III, et à Rome par le roi Humbert.
08 Décembre 1886: Rainiharovony (connu sous le nom de Mariavelo) fils du Premier Ministre est désigné pour diriger une ambassade de 6 Officiers. Celle-ci est reçue par le Président français, mais ne conclut aucun accord.
A la mi-Septembre 1887, Le Myre de Vilers fait une concession notoire en acceptant que les papiers consulaires soient délivrés par le Premier Ministre: il se contenterait uniquement d’y apposer sa signature.
Juillet 1889: Le Myre de Vilers retourne en France et est remplacé par M. Bompard
05 Août 1890: La « Convention de Zanzibar » est signée entre la France et l’Angleterre, par laquelle l’Angleterre reconnait officiellement le protectorat français sur Madagascar. En contrepartie, Napoléon Bonaparte laisse les mains libres à la couronne britannique au Zanzibar, en Afrique de l’Est (et aussi en Egypte quelques années plus tôt: révolte d’Arabi Pacha contre le Général anglais Wolseley ).
24 Mars 1891: Rainilaiarivony est attéré par la mort de Rainiharovony, le fils à qui il destinait sa succession. Après l’enterrement de ce dernier, son choix se porta sur son petit-fils Ratelifera.
Au mois d’Août 1891: M. Bompard est remplacé par M. Larrouy ancien Consul adjoint
Juin 1893: Rainilaiarivony est tombé malade: des clans s’organisent pour prendre sa succession. Les partisans de Ratelifera cherchent l’appui des français, tandis que son fils Rajoelina sollicite l’homme d’affaires anglais M. Kingdon, avec l’aide du Dr. Rajaonah gendre du P.M. et Ralaikizo, mari de Ramasindrazana tante de la reine Ranavalona III.
09 Août 1893: Arrestation des trois présumés coupables à la guérison du Premier Ministre. Il demande au Conseil royal de les envoyer en exil.
26 Janvier 1894: La Chambre des Députés français vote une résolution destinée à soutenir le gouvernement dans tout ce qu’il entreprendra pour « maintenir les droits de la France à Madagascar. »
21 Août 1894: Mort de la très pieuse Victoire Rasoamanarivo qui propagea le catholicisme sans les prêtres, première Malgache béatifiée par le Pape Jean Paul II en 1989.
05 Octobre 1894, première manifestation du « Fifohazana » ou Mouvement du Réveil à Fianarantsoa: Dada Rainisoalambo, guérisseur traditionnel, eut une vision à Ambatoreny, petit village à l’Ouest de Soatanàna, lui ordonnant de jeter les idoles et les superstitions ancestrales. Il proclame à sa famille et à son entourage le pouvoir de Jésus Christ et forme rapidement des Disciples du Seigneur appelés « Mpianatry ny Tompo ».
14 Octobre 1894: Le gouvernement français envoie M. Le Myre de Vilers une troisième fois pour une ultime tentative auprès de Rainilaiarivony afin qu’il accepte le protectorat.
Quelques hauts dignitaires malgaches, dont Rasanjy et Marc Rabibisoa proches collaborateurs du Premier Ministre, n’hésitent pas à faire savoir au Résident français qu’ils sont disposés à servir la France.
17 Octobre 1894: Le Myre de Vilers soumet à la reine un projet de Traité en cinq points, et lui donne jusqu’au 26 Octobre pour ratifier sa proposition:
Article 1: Le gouvernement de la Reine de Madagascar s’interdit d’entretenir aucune relation avec les gouvernements étrangers sans passer par la Résidence Générale de France à Madagascar.
Article 2: Toute concession faite par le gouvernement de la Reine à des français ou à des étrangers devra être approuvée par le Résident.
Article 3: Le gouvernement de la République aura le droit d’entretenir à Madagascar les forces qu’il jugera nécessaires pour la sécurité de ses nationaux et des résidents étrangers.
Article 4: Le gouvernement français pourra entreprendre des travaux d’utilité publique et percevoir les taxes qui en seraient la conséquence.
Article 5: En cas de difficultés, le texte français fera seul loi.
Le 24 Octobre, Rainilaiarivony lui soumet un contre-projet comportant douze articles. Le lendemain 25, le Résident envoie une lettre au P.M. confirmant son ultimatum. Rainilaiarivony envoie en réponse le 26 Octobre un refus déguisé de reprendre la discussion sur la base des propositions françaises.
27 Octobre 1894: Le Myre de Vilers amena le pavillon français à cinq heures du matin, et donna l’ordre à tous les français d’évacuer la capitale. Il en avertit Rainilaiarivony et lui envoya une lettre d’adieux émus. Le gouvernement de la reine fit escorter les français jusqu’au port de Tamatave.
12 Décember 1894: L’Amiral Bienaimé s’empare de Tamatave: le Parlement français a voté le principe de l’envoi d’un corps expéditionnaire.
09 Juin 1895: Les 12 « Mpianatry ny Tompo – Fifohazana » (Disciples du Seigneur) réunis en prière chez Dada Rainisoalambo voient des manifestations miraculeuses et entendent la voix de Dieu leur disant: « Je vous charge de confesser les gens car je viens sauver mon peuple! ». Ce sont: Rajeremia, Rainitiaray, Ramongo, Rasoarimanga, Ratahiana, Rainiestera, Ralohotsy, Rasamy, Ramanjatoela, Razanamanga, et Rasoambola.
30 Septembre 1895: Le corps expéditionnaire français, conduit par le Général Metzinguer, le Général Duchesne et le Général Voyron, bombarde le Palais de la reine dans l’après-midi, et le
01 Octobre 1895: Capitulation de la reine Ranavalona III et signature du protectorat français sur Madagascar. Le Premier Ministre Rainilaiarivony, fait prisonnier d’Etat, est placé en résidence surveillé dans son palais d’Amboditsiry à partir du 15 Octobre 1895. Les généraux français le remplacent par Rainitsimbazafy, « un vieillard dont on n’a rien à craindre », pour faire fonction de Premier Ministre.
06 Février 1896: Rainilaiarivony est envoyé en exil à Alger, accompagné de son petit-fils Ratelifera qui se rendait en France, de Gabriel Razanamahery son interprète, et de quatre domestiques. Il habitait à la « Villa des Fleurs », dans les environs d’Alger, à proximité de la résidence d’un autre exilé politique: l’ancien Roi d’Amman. Il y mourut mystérieusement le 17 Juillet 1896. Son corps fut rapatrié aux frais du gouvernement français en 1917 pour être enseveli avec son illustre père au Fasan-dRainiharo à Isoraka
06 Août 1896: Loi d’annexion de Madagascar votée à l’Assemblée nationale française.
Agitations et guerillas contre les occupants menées par les « Mena Lamba » (toges rouges,
vêtements des résistants rougis par la poussière de la campagne).
27 Septembre 1896: Libération de tous les esclaves dans toute l’île
16 Octobre 1896 : Rabezandrina Rainandriamampandry et le prince Ratsimamanga, oncle de Ranavalona III, sont fusillés par les Français pour couper court à toute véllétité de résistance et servir d’exemple d’intimidation.
28 Janvier 1897: La reine Ranavalona III est exilée avec sa tante Ramasindrazana et sa nièce à la Réunion d’abord, puis à Alger quelques mois plus tard. Elle y mourut, et ses restes furent transférés pour être enterrés en 1939 avec ceux des autres souveraines à Anatirova, dans le tombeau se trouvant à côté de celui de Radama I, dans l’enceinte du Palais de la Reine.
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