MORCEAUX D’HISTOIRE& GENEALOGIE
« …Ny ranomasina no valam-pariako! »
Nangonin’i Moïse Ramilamintsoa
Monarchie: Répères 3
1822: Radama I, appelé par les missionnaires « Radama le Grand », installa des garnisons dans les régions pacifiées, sous le commandement de Gouverneurs, Officiers de la haute noblesse: Rafaralahiandriantiana XI Voninahitra (Vtra, en abrégé), son beau-frère à Mahavelona (Foulpointe), Rabemanantsoa VIII Vtra à Midongy, Razatovo IX Vtra à Iharambazaha (Vohémar, 1825), Ratefinanahary XI Vtra, son beau-frère à Mananjary en 1824, puis à Toamasina en 1825), Ramanetaka XI Vtra, son cousin à Majunga en 1824, Ramarosikina IX Vtra à Beseva en 1824, Ramananolona XI Vtra, son cousin à Fort Dauphin en 1825, qui y expulsa les français abrités dans le fort de cette localité, Rasatranabo à Manandaza, Andriantsarabika à Vohipeno, Matitanana en 1825…
Il mena une expédition à Toamasina, Foulpointe, Pointe à Larrée, Tintingue, pour mettre en garde la petite colonie française installée sur la côte Est menée par Sylvain Roux, que « le sol de Madagascar appartenait au roi« , et que »les étrangers n’avaient pas le droit d’accaparer des terres, mais pouvaient librement faire du commerce dans toute l’île« . Il chargea le roi Betsimisaraka, Jean René (qui signa un traité avec lui sous l’égide du Gouverneur de l’île Maurice) de pacifier les tribus du Sud Est, de Mananjary à Fort Dauphin, et continua lui-même en 1824 à mener une expédition pour soumettre le roi Andriantsoly, chef Sakalava du Boina au nord-ouest, qui s’enfuit au Zanzibar puis à Mayotte (Comores) où il deviendra le Sultan de cette île.
11 Décembre 1822: Le roi decréta que l’alphabet latin servira désormais comme alphabet officiel à Madagascar, la grammaire malgache ayant déjà été achevée d’être codifiée par 12 érudits malgaches aidés des missionnaires protestants
1823: Naissance du fils de Radama I et de Rasalimo appelé Itsimandriambovoka que Rambolamasoandro, mère du roi fit tuer pour assurer sa succession par Rakotobe son petit-fils de par sa fille aînée Rabodosahondra.
08 Octobre 1826: Décès de James Hastie, l’homme qui fit faire un bond spectaculaire aux relations de Madagascar avec les Occidentaux, et que les malgaches appelaient affectueusement Andrianasy. Radama I rompit le tabou de ses ancêtres qui interdisait au souverain tout contact avec la mort et les rites funèbres: il assista aux cérémonies religieuses et fit tirer des salves de canon toutes les quinze minutes jusqu’à l’ensevelissement du corps, en l’honneur de ce grand ami, éminent Représentant de la Couronne britannique.
04 Décembre 1827: Le livre de la Génèse de la Bible traduite en malgache fut le premier ouvrage imprimé à Madagascar, avant les livres servant à l’enseignement par Charles Hovenden, E. Baker, James Cameron. La Bible entière fut terminée en 1835
27 Juillet 1828: Décès de Radama I, succombant à une longue maladie. Son tombeau fut construit en dix jours dans l’enceinte même du Rova d’Analamanga. En témoignage de leur affection pour le roi, les représentants des étrangers (missionnaires et laïcs) demandèrent à porter le catafalque d’argent du Palais de Besakana au tombeau le 13 Août, jour de l’enterrement.
31 Juillet 1828: Le Dr Lyall, nouvel Ambassadeur anglais succédant à James Hastie n’a pas pu rencontrer le roi avant sa mort. Rabodonandrianampoinimerina l’informe qu’elle ne reconnaît pas les engagements pris par son prédécesseur avec les Anglais et refuse son accréditation à Antananarivo.
Celui-ci, avec sa famille, par peur de la malaria à Toamasina attend l’hiver à Antananarivo avant de rentrer à Maurice le 29 Mars 1829, chassé par les serpents de l’idole Ramahavaly: il y mourut quelque temps après son retour.
Dès le 02 Août 1828, Rabodonandrianampoinimerina (intronisée plus tard sous le nom de Ranavalona I le 01 Juin 1829 à cause du deuil royal) entreprend de faire exécuter les membres de la famille du roi défunt qu’elle craint le plus de déstabiliser son règne: le prince Rakotobe (fils de Rabodosahondra, sa soeur) à qui Radama I destinait sa succession avant la naissance de sa fille Razanakinimanjaka (ou Iketaka) qu’il eut avec la princesse Sakalava Rasalimo, une cousine éloignée de par son arrière-grand père Andriambelomasina, fille du roi Ramitraho. Mais il changea ensuite de disposition et décida qu’il lui donnerait celle-ci en mariage pour qu’ils règnent tous deux ensemble, étant entendu que la souveraineté réelle et totale n’appartiendrait qu’à sa fille Iketaka. Furent ensuite assassinés: Rambolamasoandro, mère de Radama I, sa soeur Rabodosahondra, Ratefinanahary son beau-frère époux de Rabodosahondra, Ralala son fidèle ami et Grand Juge, son cousin Ramananolona Gouverneur de Fort Dauphin. Rafaralahiandriantiana son beau-frère, époux de Ravaozokiny, Gouverneur de Foulpointe, Razafinintaolo soeur de Rasata et petit neveu du roi. Son autre cousin Ramanetaka, Gouverneur à Majunga, fut assez malin pour s’enfuir avec sa famille à Anjouan avant l’arrivée des tueurs. Quelques temps après, il deviendra Sultan de cette île des Comores sous le nom d’Abderrhaman.
05 Avril 1829: Ranavalona I réunit les missionnaires à Ambodinandohalo pour les prévenir que, s’ils n’ont plus rien de nouveau à apprendre aux malgaches, ils peuvent rejoindre leurs familles « qui doivent les attendre avec nostalgie » en Angleterre.
13 Octobre 1829: Ayant appris l’affaiblissement du dispositif de défense de Mahavelona (Foulpointe), le Commandant français Gourbeyre, avec une flotte de 6 navires, débarqua les 1.200 soldats Yolofs de Sénégambie amassés depuis longtemps à Sainte Marie pour attaquer et détruire les batteries de la côte Est, d’Ivondrona à la Pointe à Larrée et Tintingue.
29 Mai 1831: Premier baptême de 20 protestants à Ambodinandohalo, dont Rasalama la première femme martyr de Madagascar sagayée en 1837. Une semaine après, 25 autres baptisés.
05 Juin 1831: Première communion protestante (« Fandraisana ») des 45 premiers baptisés.
03 Novembre 1831: Jean Laborde, un gascon français de25 ans (né à Auch en 1806, fils d’un maréchal ferrant) fait naufrage au nord de Fort Dauphin. Il est recueilli quelque temps après par Napoléon De Lastelle, un autre français (breton de Saint Malo) employé du Comptoir Rontaunay de Bourbon installé depuis 1825 à Mahela, sur la côte Est. Comme ce dernier est connu de la reine, et ayant découvert rapidement les nombreux « talents » de Jean Laborde, il n’hésite pas à l’envoyer à Antananarivo et à l’introduire auprès de Ranavalona I pour qu’il fabrique localement les armements et d’autres produits dont elle avait tant besoin (fusils, balles, canons, poudre, savon…). Ce qu’il réalisera, aidé de M. Droit, à l’usine et la fonderie créées à Ilafy et à Mantasoa..
26 Février 1835: La progression trop rapide de l’influence étrangère sur la population fait réfléchir la reine et son époux Rainiharo, Commander in Chief faisant aussi fonction de Premier Ministre. Craignant que la religion et l’enseignement ne leur servent que de prétexte pour coloniser le pays et son peuple, Ranavalona I demande à tous les missionnaires (ils étaient tous protestants) de quitter Madagascar. Les biens de quelques uns sont confisqués. Les commerçants ne sont pas touchés par la mesure et peuvent rester.
01 Mars 1835: Kabary (discours public) de la reine à Mahamasina, au cours duquel elle interdit à son peuple « de prier les ancêtres des étrangers », c.a.d. la pratique de la religion chrétienne sur tout le territoire. Les contrevenants seront persécutés.
03 Juillet 1836: Le gouvernement de Ranavalona I envoie une ambassade de sept personnes en Europe, dirigée par Andriantsitohaina 9 Voninahitra, et composée de Andriantseheno 8 Vtra, Ramanankoraisina 8Vtra,, Ranera 7 Vtra, Raharolahy 8 Vtra, Rasatranabo7 Vtra, et Razedaoro faisant fonction de Chambellan, pour expliquer les décisions prises à l’encontre du diplomate anglais et des missionnaires de la London Missionary Society. L’ambassade séjourna à Londres du 09 février au 19 Mars 1837 et fut reçue par le Chef du Foreign Office, The Right Honorable Vicount Palmerston, puis par le roi William IV et son épouse la reine Adelaïde le 01 Mars, accompagnée de J.J. Freeman, un ancien missionnaire de Madagascar.
Sur le chemin du retour, l’ambassade est reçue à Paris par le roi de France Louis Philippe (séjour du 19 Mars au 22 Avril 1837)..
14 Août 1837 : La fureur de la persécution est terrible. Rasalama, première martyre, fut sagayée à Ambohipotsy. Rafaralahy Andriamazoto périt de même le 19 Février 1838. D’autres sont brûlés vifs, ou mis dans des sacs de jute et jetés du haut de la colline d’Ampamarinana.
1839: Après le départ des missionnaires anglais, Jean Laborde a toutes les prérogatives auprès de la reine (pendant 25 ans: de 1832 à 1857), et introduit à la Cour les « raffinements » de la mode française: vêtements, musique, bals… Ecoutant les conseils de ses Ambassadeurs de retour d’Europe, Ranavalona I fit construire par Jean Laborde le « Palais de la Reine » Manjakamiadana, le plus grand et le plus bel édifice (avec étage) jamais construit à Madagascar à cette époque.
14 Juillet 1840: Les îles Nosy Komba et Nosy Be, ainsi que le territoire allant de la baie d’Ampasindava au Cap Saint Vincent sont placés par la jeune princesse Sakalava, Tsiomeko, agée seulement de 13 ans, sous la protection du Gouverneur de l’île Bourbon (La Réunion)..
En 1841, le roi Antakarana Tsimiharo place également les territoires d’Ankara, Nosy Mitsio et Nosy Faly sous protectorat français.
25 Avril 1841: Le prince sakalava Andriantsoly et le capitaine Pierre Passot, envoyé du Gouverneur de la Réunion, signent l’acte de cession de Mayotte à la France moyennant une rente annuelle de $1.000 (5.000 Francs de l’époque).
13 Mai 1845: Pour freiner l’ardeur des français qui veulent occuper illicitement les terres, Ranavalona décrète des mesures mettant tous les étrangers sous le même régime que les nationaux vis-à-vis des lois du pays: épreuve par le tanguin (absorption de poison, ordalie) pour rendre le jugement contre la sorcellerie ou les complots contre l’Etat, dépossession de biens en cas de délits ou crimes, réduction de toute la famille à l’esclavage en cas de non paiement de dettes ou escroqueries, etc….
15 Mai 1845: Les Gouverneurs de Maurice et de la Réunion, par réaction, envoient le Capitaine William Kelly et l’Amiral Romain Desfossés avec leurs flottes bombarder Toamasina, faisant 200 morts et 200 blessés chez les malgaches, 16 morts chez les français, et 4 chez les anglais.. Les têtes coupées des assaillants sont pendues sur des perches et plantées sur la plage. Pour protester contre cette « inqualifiable agression », Ranavalona I fait fermer tous les ports de l’Ile, chasse les européens et interdit tout commerce avec l’extérieur. Seuls restaient à Madagascar Jean Laborde et Napoléon De Lastelle, ce dernier mourra dans la misère à Toamasina en 1856.
06 Décembre 1848: Le Commandant en Chef des Forces Navales Françaises de l’Océan Indien, Mr. F. Des Pointes, de passage à Toamasina, envoie un message au jeune prince Rakotondradama, fils unique de Ranavalona I, qui n’avait que 19 ans, pour l’inciter à accepter de signer un accord avec les Français, en vertu duquel ces derniers l’aideraient à obtenir le trône pour mettre fin au « règne barbare et sanguinaire » de sa mère (le nombre de chrétiens tués avoisinaient déjà les 3.000). Après quoi, ils placeraient Ranavalona I simplement comme « reine-mère » sans attenter à sa vie.
10 Février 1852: Décès de Rainiharo Commander in Chief et époux de la reine. Ranavalona I fit construire par Jean Laborde le plus grand et le plus somptueux monument funéraire de l’époque (bâti pendant huit années: de 1844 à1852), et lui organisa des funérailles grandioses jamais vues auparavant. Son fils Raharo (connu sous le nom de Rainivoninahitriniony) lui succède.
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